Bulletin Envîle Express
15 octobre 2009 - Volume 8, no.17
Dossier et entrevues
Acceptabilité sociale des grands projets à Montréal : Les groupes environnementaux et les promoteurs peuvent-ils travailler ensemble pour développer de meilleurs projets à Montréal ?
Au début octobre, le Conseil patronal en environnement du Québec (CPEQ) en partenariat avec le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) ont entrepris de dresser une liste des organismes environnementaux souhaitant être consultés par des promoteurs lors de l’élaboration de leurs grands projets. Pour en savoir un peu plus sur cette initiative, nous avons posé quelques questions à Hélène Lauzon, Présidente du CPEQ et André Porlier, directeur général du CRE-Montréal sur cette initiative.
Pourquoi certains grands projets sont-ils contestés par les groupes environnementaux et les citoyens?
Hélène Lauzon : L’expérience démontre que certains éléments peuvent miner le climat social entourant la réalisation de certains projets. Parmi les principaux éléments cités par les experts, on retrouve les différences de perception entre les promoteurs et les groupes environnementaux, la méfiance ainsi que les mécanismes d’information et de consultation parfois défaillants. Au cours des dernières années, nous avons également assisté à l’émergence d’une véritable méfiance de la population envers les entreprises mais également de la part des entreprises envers les groupes de pression. Le temps est donc venu de rétablir le lien de confiance entre les entreprises et la société civile pour développer de meilleurs projets.
Qu’est-ce qui peut être fait pour favoriser l’acceptabilité sociale des projets ?
Hélène Lauzon : Selon Me Michel Bélanger, avocat chez
Bélanger Lauzon, il est impossible qu’un projet puisse être accepté à
l’unanimité par tous les acteurs d’une société. Toutefois, les efforts
des promoteurs à favoriser la transparence, à identifier au préalable
les inconvénients, à permettre aux citoyens et aux groupes de présenter
des points de vue divergents et à intégrer des mesures de mitigation et
de suivi peuvent favoriser l’acceptabilité sociale d’un projet. Ces
éléments ne sont pas nouveaux et leur prise en compte a été un gage de
succès pour plusieurs projets réalisés au Québec.
Comment une liste des groupes intéressés à dialoguer avec les
promoteurs peut-elle contribuer à une meilleure acceptabilité des
projets ?
Hélène Lauzon : Par le biais du CPEQ, cette liste sera
mise à la disposition des promoteurs et entreprises de Montréal voulant
entamer le plus tôt possible un dialogue avec les groupes
environnementaux pour développer des projets mieux intégrés du point de
vue environnemental. Il s’agit d’une première étape en vue d’un
rapprochement entre les groupes et les promoteurs mais également vers
la mise en place de mécanismes d’information et de consultation
publique plus en amont des projets.
Est-ce que cette démarche
risque de nuire au processus officiel de consultation publique, comme
le BAPE ou l’Office consultation publique de Montréal ?
André Porlier : Non, bien au contraire. Une telle
démarche n’affectera et ne remplacera pas les processus officiels de
consultation publique comme le BAPE ou l’Office de consultation
publique de Montréal mais vise plutôt à créer un espace de dialogue
entre les promoteurs et les groupes dès les premières étapes de
l’élaboration de leurs projets pour les promoteurs qui seront
intéressés. Une telle approche devrait permettre l’émergence de
solutions dès les premières étapes du projet permettant ainsi de
concilier plus facilement les intérêts des promoteurs et ceux des
groupes environnementaux.
Est-ce qu’il n’y a pas un risque que les entreprises consultent certains groupes seulement pour cautionner leur projet ?
Hélène Lauzon
: Les entreprises sont bien conscientes
que l’acceptabilité sociale de leurs projets repose essentiellement sur
un lien de confiance à établir ou à maintenir avec les groupes et la
population. Dans ce contexte, une entreprise qui utiliserait les
groupes dans le but uniquement de cautionner son projet risque de
détruire le lien de confiance et de provoquer une forte opposition à
son projet.
Source : http://www.cremtl.qc.ca/index.php?id=1249
